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Paris 2026, quatrièmes Assises de l'attention : "Un morceau de ce monde va mieux qu'hier"

  • Photo du rédacteur: Laurent Jarneau
    Laurent Jarneau
  • il y a 5 jours
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 19 heures

Exposition aux écrans : la bataille de l'attention bat son plein



Après la publication du rapport de la Commission d'experts "Enfants et écrans, à la recherche du temps perdu" (Elysée 2024) et celui de Commission d'enquête parlementaire sur les effets psychologiques de TikTok sur les mineurs (président : Arthure Delaporte, rapporteure : Laure Miller), les principaux acteurs associatifs engagés dans la lutte contre la surexposition aux écrans, réunis samedi 24 janvier 2026 à la salle parisienne de la Bellevilloise, dressent le constat que leur message a fini par être entendu. Avec des paroles et des actes, au cœur d'un combat qui reste celui de David contre Goliath, les quatrième Assises de l'attention confirment que l'espoir d'un monde plus sain et plus fraternel gagne du terrain.


Avec son téléphone, sa tablette, sa console, chacun de nous est un aventurier du numérique
Le témoignage libre et transparent d'une jeune prise dans les filets des réseaux sociaux a marqué les Assises.

"J'ai quitté les réseaux, je me suis sentie renaître"


Venus de toute la France et même d'outre-Atlantique, les participants aux quatrièmes Assises de l'attention ont contemplé le chemin parcouru depuis plusieurs années sur le terrain de la sensibilisation et de la prévention contre les dangers liés à la surexposition aux écrans et au "tout numérique." Et ce chemin est encourageant. "Nous sommes une parcelle d'espoir et un morceau de ce monde va mieux qu'hier," a déclaré Florent Souillot, au nom du Collectif Attention, organisateur de l'événement, en ouverture de cette journée centrée sur les impacts de la technologie numérique dans le quotidien. Les choses avancent, peu à peu, dans le bon sens.


"Je scrolle une heure toutes les demi-heures, je ne me connais plus, je suis plus stressée qu'avant, j'ai perdu ma créativité, ma confiance en moi s'éteint, je ne lis plus ou très peu, c'est plus fort que moi je n'arrive pas à arrêter..." Lou, au nom de bien des jeunes de sa génération, a ensuite donné le témoignage percutant de son enfermement dans le monde virtuel des écrans puis de son incapacité à s'en extraire : "J'ai trop peur de manquer une opportunité." Pourtant, après qu'une amie l'a incitée à quitter comme elle Insta, TikTok et les autres réseaux sociaux, Lou fait le pas de s'affranchir. Durant un mois. Une expérience de déconnexion dont les effets notoires sont immédiats : "Mon stress disparaît, je réapprends à m'ennuyer, je stoppe l'automatisme des clics." L'adolescente révèle enfin le fruit de ce vécu : "Quitter les réseaux, ça m'a reconnectée au monde réel, je me suis sentie renaître." What else?


L'espoir d'une vie avec moins de pixels continue de gagner le monde et les consciences


Qu'ils soient professionnels ou bénévoles, impliqués de près ou de loin dans la "bataille de l'attention", les participants ont collectivement refait leurs forces par l'écoute et les échanges avec des conférenciers comme Sylvie Osika, Arnaud Lévy, Katia Roux, Guillaume Faburel, Celia Izoard (pour n'en citer que quelques-uns). Au sous-sol de la Bellevilloise, le forum des associations a donné de la visibilité aux membres du Collectif Attention, parmi lesquels Pas à Pas l'Enfant, Education Numérique Raisonnée, Lève Les Yeux, CoSE (Collectif Surexposition Ecrans). Le Collectif Attention s'est engagé depuis janvier 2025 dans trois actions prioritaires : pas d’écrans en maternelle (côté enseignement), une prévention indépendante de l’industrie numérique, fixer un âge légal d’accès au smartphone à 15 ans.


Des membres du Collectif Attention ont par ailleurs été auditionnés par la Commission d'enquête parlementaire sur les effets psychologiques de TikTok sur les mineurs. S'appuyant sur le rapport de cette Commission, le projet de loi autour de l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans arrive à l'Assemblée nationale, ce lundi 26 janvier.


Au micro, Rachel Petit, coordinatrice de l'association Lève Les Yeux à Bordeaux, anime la table ronde sur les témoignages d'initiatives porteuses d'espoir. A ses côtés, de gauche à droite : Caroline de Plaisance (Grandir mieux sans smartphone - Pacte smartphone),  Eneko Jorajuria (10 jours sans écran), Diego Hidalgo (OFF February) et Agnès Fabre (Education Numérique Raisonnée).
Au micro, Rachel Petit, coordinatrice de l'association Lève Les Yeux à Bordeaux, anime la table ronde sur les témoignages d'initiatives porteuses d'espoir. A ses côtés, de gauche à droite : Caroline de Plaisance (Grandir mieux sans smartphone - Pacte smartphone), Eneko Jorajuria (10 jours sans écran), Diego Hidalgo (OFF February) et Agnès Fabre (Education Numérique Raisonnée).

Sans craindre de mettre le doigt sur le fond des problèmes (les algorithmes sont conçus pour promouvoir les contenus qui suscitent de l'engagement et font rester plus longtemps en ligne; le numérique serait la compensation de tout ce que l'on a arraché au vivant; la recherche publique s'aligne de plus en plus sur les attentes des industriels privés, etc.), les Assises de l'attention ont cette fois encore été porteuses de solutions concrètes et faciles d'accès. Elles se sont fait aussi l'écho des avancées positives qui alimentent l'actualité en France et à l'international sur la question de la surexposition aux écrans. Sans conteste, l'espoir d'une vie plus humaine, plus incarnée, plus connectée au réel, avec moins de pixels, continue de gagner le monde et les consciences. Une bonne nouvelle pour notre temps.


Laurent Jarneau, prodiria.com

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